Bonjour Hélène, pouvez-vous nous parler de vous et de la genèse de Plumes Ascendantes ?
Je nourris une passion pour l'écriture depuis ma plus tendre enfance. Je rêvais de devenir une écrivaine renommée et de vivre de ma plume. En grandissant, puis en travaillant dans le milieu de l'édition, ce fantasme, confronté à la réalité, s'est peu à peu transformé. J'ai eu l'opportunité d'être publiée à plusieurs reprises : des nouvelles dans des magazines et des anthologies, des romans chez un petit éditeur... J'ai travaillé en tant que correctrice d'édition pour plusieurs maisons d'édition et pour des auteurs autoédités.
Toutes ces expériences furent riches et intéressantes ; toutes ne furent pas heureuses. Elles m'ont amenée à réfléchir à un mode d'édition qui permettrait de mieux concilier les attentes et les besoins de chacun des trois concepteurs principaux d'un livre : l'auteur, bien sûr, le correcteur et l'éditeur. L'auteur veut être lu et recueillir les fruits de son travail de création et d'écriture ; le correcteur ne veut pas être remplacé par l'IA et veut être rémunéré à la juste valeur de son travail intellectuel ; l'éditeur veut publier des œuvres qui sortent de l'ordinaire, ravir des millions de lecteurs et pouvoir vivre de toute son implication visible et invisible auprès des livres et de leurs auteurs.
Le monde de l'édition est en crise depuis longtemps. Les gens lisent moins quand, paradoxalement, de plus en plus écrivent. Le temps calme, consacré à la lecture et à la réflexion, a été remplacé par la frénésie de l’information en continu et le scroll sur les écrans. En plus de cela, entre l'édition classique – à compte d’éditeur –, pour laquelle on compte énormément de candidats pour peu d'élus, l'auto-édition, qui exige de l'auteur qu'il gère tout de bout en bout pour publier son ouvrage, et l'édition à compte d'auteur, qui soumet ce dernier à une double peine (investissement financier important dès le départ et contrat d'édition stipulant de faibles droits d'auteur), rien de vraiment satisfaisant n'était proposé aux auteurs... jusqu'à la naissance du cabinet d'édition Plumes Ascendantes.
Au fil de mes expériences, ces quinze dernières années, j'ai eu l'idée de créer une entreprise de services éditoriaux afin d’offrir aux auteurs un nouveau mode d’édition. Pourquoi un « cabinet d'édition » ? Parce que je mets au service des auteurs l'expertise de professionnels de l'édition diplômés et expérimentés. Plumes Ascendantes allie le sérieux et l'exigence de qualité d'une maison d'édition classique, libère l’auteur des chaînes du contrat d'édition, et le place au cœur de son œuvre tout au long du cheminement vers la publication. L’auteur fait appel à Plumes Ascendantes comme il ferait appel à n’importe quel professionnel dans n’importe quel domaine. Notre équipe lui offre un accompagnement personnalisé, des conseils de la réécriture à la diffusion post-parution. Notre travail et son coût sont définis dans un devis, que l’auteur est libre d’accepter ou non, et qu’il réglera à l’émission d’une facture, en un ou plusieurs versements. Une fois le travail terminé, une fois le livre publié, l’auteur récolte la totalité des bénéfices à chaque vente. Un petit stock de livres est imprimé dès la parution, puis, dans un souci de respect de l’environnement, l’impression des exemplaires est effectuée à la demande. Bien évidemment, notre collaboration ne s’arrête pas à la publication. Le site Internet de Plumes Ascendantes est là pour mettre en avant les livres et les auteurs publiés, notre actualité et divers articles ; des événements et de nombreuses informations sont relayés sur les réseaux sociaux et par courriel ; les auteurs sont régulièrement tenus informés des démarches effectuées auprès des médias, des libraires, des salons du livre et autres festivals, pour diffuser et promouvoir leurs œuvres.
C’est ainsi qu’est né le cabinet d’édition Plumes Ascendantes : parce que je suis une passionnée d’écriture et que je prends beaucoup de plaisir à permettre à d’autres rêveurs comme moi de concrétiser leurs mondes imaginaires.
En tant qu'éditrice et auteure dans le domaine de l'imaginaire, quels défis avez-vous rencontrés en travaillant avec des auteurs dans ces genres littéraires ?
Les défis que j’ai rencontrés en tant qu’éditrice, correctrice d’édition ou encore autrice ne sont pas spécifiques à l’imaginaire. Je suis d’une nature franche et directe. Mon plus grand défi a été d’apprendre à faire part de mes critiques et désaccords de manière diplomate, et de proposer des solutions argumentées et expliquées – alors qu’elles sont évidentes pour moi. C’est un véritable exercice de style quotidien, dans tous les domaines de ma vie ! Mais je m’y applique, car j’en retire énormément de bénéfices, tant au niveau professionnel que personnel. Mes relations sociales sont beaucoup plus saines et apaisées depuis que la fougue de la jeunesse a laissé un peu de place à la sagesse de l’âge…
Comment Plumes Ascendantes s'assure-t-il de rester fidèle à la voix et à la vision des auteurs tout en garantissant un produit final de haute qualité ?
La qualité littéraire d’une œuvre dépend de plusieurs facteurs, dans son fond comme dans sa forme. Pour rester fidèle à la voix et à la vision des auteurs, il est très important que ceux-ci soient impliqués de bout en bout dans le processus de création de leur livre. La communication est l’élément clé d’une collaboration réussie ; je ne conçois pas mon travail d’éditrice autrement. De nombreux échanges téléphoniques, par courriels et/ou lors de rencontres ont lieu à partir du moment où je prends un livre en charge. Et particulièrement pendant l’étape des corrections : je propose aux auteurs des pistes d’amélioration, des corrections, puis ceux-ci me donnent leur avis ; nous échangeons nos idées, nos arguments. L’histoire en ressort toujours grandie, enrichie, améliorée, tout en restant fidèle à l’idée qu’en avait son auteur, qui valide chaque étape. Ce dialogue a lieu à tous les niveaux, par exemple lors de la réalisation de l’illustration de couverture : les auteurs me soumettent leurs idées, j’y ajoute les miennes, nous en discutons, puis je transmets les projets à un illustrateur. Une fois l’illustration réalisée, l’auteur peut suggérer des modifications, des petites retouches. Je me charge ensuite de tout transmettre à l’infographiste, puis à l’imprimeur. Le livre n’est publié que lorsqu’il donne entière satisfaction à chacun de nous.
Pour les auteurs qui aspirent à voir leur roman fantastique publié, quels conseils leur donneriez-vous pour se démarquer lors de la soumission de manuscrits ?
Chaque maison d’édition a ses propres critères de sélection. Il est difficile de dire ce qui, lors d’une soumission, retiendra l’attention du comité de lecture.
Pour autant, le premier conseil que je peux donner aux auteurs est de s’appliquer à respecter scrupuleusement ce qui est demandé par les éditeurs. Tous affichent sur leur site Internet la forme sous laquelle doivent être présentés les textes et les documents demandés. Tout est explicitement détaillé, encore plus au moment des appels à textes et des concours. Cela paraît évident, mais vous seriez surpris du nombre de manuscrits qui ne respectent pas ces attentes élémentaires. Cela démontre que certains auteurs ne prennent pas le temps de lire les consignes de soumission… S’intéressent-ils vraiment à l’éditeur qu’ils sollicitent ?
Deuxième conseil, qui relève aussi de l’intérêt porté à la maison d’édition : veiller à respecter la ligne éditoriale. Plumes Ascendantes publie des romans d’imaginaire (science-fiction, fantastique et fantasy). L’apparence visuelle de notre site Internet est assez explicite à ce sujet, tous nos contenus le disent et le répètent. En outre, Plumes Ascendantes est référencée partout comme éditeur d’imaginaire. Que penser d’un auteur qui m’envoie un récit autobiographique ou d’un autre qui voudrait que je publie sa romance contemporaine ?
Il s’agit-là de conseils qui relèvent du bon sens et qui, s’ils sont respectés, sont déjà de sacrés atouts pour les auteurs. Cela leur permet de sortir du flot de soumissions aléatoires et, croyez-moi, rien que ça, ça fait plaisir !
Quant à se démarquer de ceux qui auront respecté les attentes de l’éditeur, rien de plus « simple » : veillez à votre écriture (orthographe, grammaire, conjugaison, et surtout, la syntaxe ! Il ne suffit pas d’utiliser Antidote ou une IA pour rendre un texte « propre », encore faut-il savoir ce qu’est la syntaxe et la respecter…), proposez un récit neuf sur la scène littéraire (sujet nouveau, ou abordé sous un angle peu commun, ou écrit de manière originale), enfin, n’oubliez pas que l’éditeur est votre futur allié : quand il vous demande un résumé, il s’agit de lui dire précisément de quoi parle votre histoire du début à la fin, et non de lui soumettre un texte plein de mystères et de suspense – que l’on réservera aux futurs lecteurs.
Quel est, selon vous, le rôle des genres comme la fantasy et la science-fiction dans le paysage littéraire actuel et pourquoi sont-ils importants ?
« Le paysage littéraire actuel compte les récits introspectifs et d’autofiction, qui permettent aux auteurs de traiter des sujets personnels avec authenticité, en toute liberté, […] des ouvrages abordant les thématiques sociales et l’engagement politique (injustice, racisme, féminisme, crises migratoires, guerres et autres massacres sanglants), […] ou encore les récits historiques, qui sont un moyen de réexaminer le passé pour comprendre les enjeux d’aujourd’hui. » (Source : monBestSeller.com) Ce sont des ouvrages plébiscités par les prix littéraires et les comités de lecture des maisons d’édition de littérature blanche. Les lecteurs sont friands de ces thèmes, car ils peuvent trouver dans les ouvrages qui les abordent des échos à leurs propres inquiétudes, des réponses aux questions qu’ils se posent, des visions différentes sur des sujets qui les préoccupent et/ou les intéressent, leur permettant de mieux comprendre les événements qui secouent notre société et les rouages complexes des jeux politiques. Tout cela touche directement à notre époque, à notre présent, à des situations que les lecteurs connaissent et dans lesquelles il leur est aisé de se projeter.
La littérature de l’imaginaire, et surtout la science-fiction, se penche sur les mêmes sujets, aborde les mêmes thèmes, explore les mêmes problématiques, mais en plaçant le récit dans un tout autre contexte, dans une époque futuriste. Cette projection présente deux avantages : elle permet aux auteurs de prendre un recul suffisant pour aborder les dérives de nos sociétés avec un regard critique et pertinent, et elle les pousse à réfléchir à ce que pourrait devenir notre monde, notre humanité, au fil de l’évolution des sciences et technologies, au regard de nos faiblesses, de nos cupidités, de nos intérêts, des horreurs dont nous sommes capables. Anticiper ce que nous deviendrons pour prévenir les crises et les guerres est un enjeu majeur, d’autant plus aujourd’hui, dans un monde très instable. La technologie fait partie intégrante de nos vies, l’IA est une révolution. Il est primordial de penser notre futur afin d’éviter de perdre ce qui constitue notre humanité : notre créativité, notre imagination, nos capacités de réflexion, afin de ne pas nous perdre en chemin.
La science-fiction a un autre rôle important : en mettant en scène d’autres civilisations (humaines ou extraterrestres), dont les valeurs et les modes de vie sont différents des nôtres, les auteurs nous permettent de prendre du recul sur nos propres existences, d’en analyser le sens, de remettre en évidence ce qui est important et à quel point certaines de nos préoccupations sont superficielles. À travers la projection dans l’avenir, la science-fiction interroge notre présent et le monde que nous construisons. Elle nous pousse à nous remettre en question. Elle est plus que jamais nécessaire à notre époque en plein bouleversements politiques, sociologiques, technologiques et écologiques, où les pires esprits sont capables des pires actions et où s’opposer à eux demande courage et fermeté.
Un autre intérêt des genres de l’imaginaire est de faire voyager les lecteurs sur d’autres mondes et de les emporter, le temps d’une lecture, dans des aventures hors du commun. Ces récits offrent l’opportunité, en plus de réfléchir à notre condition humaine, de s’évader dans des lieux merveilleux et de rompre avec notre quotidien.
Comment envisagez-vous l'évolution de l'édition de l'imaginaire dans les prochaines années chez Plumes Ascendantes ?
Le cabinet d’édition Plumes Ascendantes a, bien entendu, l’ambition de développer toutes ses collections, de publier de nombreuses nouvelles plumes et de leur permettre d’être lues par de très nombreux lecteurs à travers toute la France, voire au-delà.
La collection de science-fiction « Noir espace » comptant déjà sept titres, quand la collection de fantasy « Vert dragon » en compte trois, je souhaite développer à présent la collection de fantastique « Rouge esprit ». C’est pourquoi un appel à textes de romans fantastiques sera ouvert en janvier 2027. Cet appel à textes permettra à un ou plusieurs ouvrages retenus d’être publiés à compte d’éditeur. Ce n’est évidemment pas le modèle économique sur lequel est basé Plumes Ascendantes, mais c’est celui qui permet au cabinet d’édition de se faire connaître, de démontrer la qualité de mon travail et de celui des professionnels qui œuvrent à mes côtés.
Plusieurs auteurs de Plumes Ascendantes m’ont déjà soumis de nouveaux ouvrages, qui seront pris en charge soit à compte d’éditeur, soit par les services éditoriaux, et qui paraîtront dans les années à venir. Je parle d’années, car, à mon grand regret, je ne peux consacrer tout mon temps à Plumes Ascendantes. En effet, mon activité d’éditrice ne me permet pas de dégager de quoi vivre… Pour cela, il me faut travailler à temps plein dans un tout autre secteur.
Je suis certaine que la voie des services éditoriaux finira par convaincre les auteurs. Et, dans quelques années, je pourrai me consacrer à cent pour cent à cette magnifique aventure littéraire qu’est l’édition de romans d’imaginaire au sein de Plumes Ascendantes.
Pour conclure, quel message aimeriez-vous transmettre à nos lecteurs qui rêvent de se lancer dans l'écriture ou l'édition ?
L’écriture est un art. Elle demande certes beaucoup de travail, de l’imagination à la rédaction, en passant par la correction, mais elle fait appel à ce qu’il y a de plus beau chez l’être humain : la créativité. Ne la sacrifiez pas sur l’autel de la facilité et de la rapidité. Ne la confiez pas à une IA. L’art demande patience, tests, entraînement, brouillons, ébauches… L’écriture est faite de ratures, d’idées abandonnées, de chemins sans issue, et de très, très nombreux récits qui ne sortiront jamais de vos cahiers manuscrits ou de vos fichiers numériques. Tout cela montre à quel point notre imaginaire est riche. Tout cela montre à quel point vous êtes riches. L’IA ne pourra jamais vous égaler. Ne lui donnez pas le pouvoir de vous remplacer. En revanche, elle est un outil extraordinaire pour procéder à des recherches et réunir les informations nécessaires pour enrichir vos récits. Utilisez-la à bon escient.
Si vous voulez écrire, faites-le. Si vous voulez travailler dans le monde de l’édition, lancez-vous. Lisez, cultivez-vous, suivez des cursus et autres formations littéraires et culturelles, et pas seulement après le Baccalauréat. Formez-vous tout au long de votre vie. Participez à des ateliers d’écriture, allez à la rencontre des auteurs et des éditeurs. Voyagez. Allez découvrir d’autres cultures ; ouvrez votre esprit à d’autres visions, à d’autres façons de penser. L’imaginaire a besoin d’être nourri continuellement et la vie est faite pour apprendre. Apprenez, créez, transmettez. Permettez à d’autres de rêver à vos côtés. C’est, finalement, le plus important.
Pour en savoir plus : https://plumesascendantes.fr/