Françoise, pouvez-vous revenir sur votre parcours de galeriste puis d’éditrice, et nous expliquer comment cette histoire d’Art 3 Plessis Editions vous a conduite à vous intéresser aussi fortement à la dimension spirituelle de l’art, en particulier à travers Kandinsky ?
Cf notre dossier de presse sur notre site ART 3 et coupez si c'est trop long."À propos d’Art 3 Éditions
Charles-Yves et Françoise Plessis, c’est une histoire pas banale mène de salons en salons – De la chaussure à l’Art contemporain – la pharmacie à l’édition.
Dans une vie, on peut en faire des choses, avec exigence, quand curiosité et la passion vous tiennent au corps.
La Céramique et la pharmacie
En 1972 Charles-Yves est modéliste dans une usine de chaussu de luxe dans un petit village de Maine-et-Loire ; l’entrepr ferme, il troque alors le cuir et les tranchets pour l’argile et le fo de potier, pour vivre sa passion, la céramique. Du grès, il pass la porcelaine et des pièces utilitaires aux œuvres de création seront sélectionnées à Faënza et entreront au musée des Arts dé de Berlin.
Françoise, en même temps, vit aussi sa passion et gère pharmacie dans ce petit village – il faut bien faire bouillir marmite pour élever quatre enfants. Et la pharmacie, c’est la chimie, c’est donc à quatre mains et deux têtes que, le so Charles-Yves et Françoise travaillent les formules d’émaux afin q les plus riches habillent élégamment les céramiques. Rapideme le Salon des métiers d’Art remplace pour eux le Salon du cuir à Porte de Versailles. Un bonheur, que ces moments partagés a les autres artistes – Goudji l’orfèvre, Monod le verrier, Mazlo bijoutier et les autres…
La Galerie Suffren
Les artisans sont tous dans le même bateau avec la difficulté trouver des acheteurs. Alors Françoise lance une idée folle : ouvrir u galerie d’objets d’art intemporels à Nantes pour promotionner le œuvres et celle des amis. En 1977, c’est chose faite, belle aventu interrompue hélas en 1981 alors que tout allait bien…"
La Galerie ART 3 Plessis
1986 – Françoise ne supporte plus la vie sans les artistes qui
nourrissaient ses moments de liberté. Nouvelle aventure, toujours
folle, à Nantes, une galerie de peinture voit le jour. Pas toujours facile
de percer dans ce milieu, quand on présente des artistes difficiles à
comprendre en province. Et pourtant, en 1995, la FIAC leur ouvre ses
portes, puis Art Fair à Francfort.
Art 3 Plessis Editions
En 2005, tout semble s’arrêter pour une vie calme de retraités. Mais
est-ce possible ? L’édition les rattrape avec les ouvrages de Jean-Paul
Marcheschi, peintre, sculpteur et écrivain. Depuis, Charles-Yves et
Françoise Plessis ont continué des ouvrages “coups de coeur” : des
livres d’art encore et toujours,mais aussi des recueils de poésie, des
romans, des essais sur la musique et le cinéma… En bref, de la culture
au sens large.
Avec, toujours, une culture de l’excellence : Art 3 Plessis Editions
publie des beaux livres et des romans cousus collés.
Votre catalogue mêle livres d’art, poésie, essais, biographies et même romans : concrètement, comment cette quête du « spirituel dans l’art » — au sens kandinskien d’invisible, d’intime et de vibration intérieure — guide-t-elle vos choix éditoriaux au quotidien ?
Avant le spirituel il y a le beau, la Beauté qui nous permet d'y accéder. La Culture au sens large du terme nous propose pour cela tout ce qui la compose : l'art, la poésie, la musique peuvent nous emmener vers la Beauté et la Spiritualité. Et cette vibration intérieure doit toujours être écoutée pour choisir, cette petite voix, comme une intuition.
L’un de vos ouvrages rend hommage à la recherche de l’invisible et du beau chez Kandinsky. Qu’est-ce qui, dans sa pensée et dans Du spirituel dans l’art, vous semble le plus fécond pour lire et accompagner les artistes contemporains que vous publiez, tels que Jean-Paul Marcheschi ?
Dans le livre " Du Spirituel dan l'art et dans la musique en particulier " Shani Diluka nous partage et nous fait entrer dans son intimité avec les grands compositeurs - Schubert, Mozart, Bach... et les grands maitres - Brendel, Leonskaja, mais aussi le grand poète Novalis et nous partage ce qui peut à travers l'écoute de leurs œuvres nous élever vers plus de lumière intérieure. Jean-Paul Marcheschi qui nous a entraîné dans son "histoire de la beauté" nous partage l'âme des peintres qui ont été ses maitres de Piero de la Francesca à Rodin et Cézane. C'est un peintre qui parle, là, et il parle poétiquement avec une compréhension de l'œuvre que nous n'avons pas et qui nous enrichit.
Après vingt ans de galerie puis la maison d’édition, vous êtes aux premières loges pour observer les attentes du public : sentez-vous aujourd’hui un désir renouvelé de sacré, de métaphysique ou de profondeur intérieure dans l’art, et comment cela se manifeste-t-il dans la réception de vos livres ?
Hélas, non, cette attente du public est de moins en moins présente et profonde. Notre civilisation entraîne vers la rapidité, la superficialité, toujours plus vite comme les posts sur les réseaux. Il faut noté cependant qu'il y a chez certains une recherche he du Spirituel mais il ne savent pas toujours où la trouver et nous ne savons pas toujours comment les atteindre
Entre marché de l’art, logique de visibilité et exigences économiques de l’édition, comment parvenez-vous à préserver et défendre des œuvres et des textes habités par une dimension spirituelle parfois à contre-courant, et pouvez-vous donner un exemple précis d’ouvrage où ce pari a été particulièrement risqué ou audacieux ?
Lorsque j'ai accepté d'éditer "Les étoiles n'ont jamais écrasé personne " je savais que je vendrais bien peu d'ouvrages. Ce livre propose des poèmes de Bernard Bretonnière inclus dans les dessins de Nadia Atti qui avait réalisé ces dessins lors de ses séances de chimio alors qu'elle avait devant elle 6 mois de vie. C'était notre manière de lui apporter un soutient. Elle vie encore !
Si l’on prolonge l’héritage de Kandinsky vers les prochaines décennies, comment imaginez-vous l’évolution du rapport entre art, spiritualité et édition : nouveaux formats, nouvelles écritures, dialogue avec le numérique, ou au contraire retour à des objets-livres presque « rituels » ?
Hélas, alors que je suis de nature optimiste, sur ce sujet je ne le suis guère, tant je vois autour de moi un désintérêt croissant pour l'art et la beauté !Cependant une lueur d'espoir m'habite quand je vois la recherche de beaucoup de personnes pour l'ésotérisme qui les mènera vers la quête de la spiritualité.
Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à un jeune artiste, écrivain ou éditeur qui souhaite explorer aujourd’hui cette dimension spirituelle dans l’art sans tomber dans le décoratif, le mystique facile ou le discours théorique désincarné ?
La passion et une immense curiosité pour retrouver les vérités essentielles auprès des maîtres qui nous ont précédés.
Pour en savoir plus : https://www.plessis-art3.com